Archive - décembre, 2011

Denis Darzack, le mouvement sans handicap…


2011
12.12

Toujours pour ceux qui sont en villégiature sur Paris une exposition à ne pas rater, celle du photographe Denis Darzacq autour de son singulier projet « Act » : photographier des jeunes et adultes en situation de handicap et les inviter à découvrir des mouvements neufs et singuliers. Une autre manière de voir la différence qui finalement sur les photos semble s’estomper pour laisser la place à une forme de beauté tranquille.

« Act (2009-2011) est le fruit d’un long travail que Denis Darzacq a mené, en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, au contact de jeunes et d’adultes en situation d’handicap. « Après mes précédents travaux, où j’avais photographié des jeunes gens en pleine gloire physique, c’était une façon de conquérir des territoires inconnus, c’est-à-dire de repousser ma peur de l’autre et de sa différence » (extrait d’un entretien avec Virginie Chardin publié dans Act aux éditions Actes Sud). Denis Darzacq les a invités à sortir des lieux médicalisés et à réaliser des gestes souvent inédits pour eux. Si certains sont des acteurs, des sportifs ou des danseurs, tous ont trouvé dans l’action et dans l’appropriation personnelle de l’espace commun le moyen d’affirmer une autre image d’eux-mêmes.

Par comparaison avec ces portraits réalisés dans l’espace public, les hybridations de Recomposition I et Recomposition II (2010-2011) assument, jusqu’à l’abstraction, leur élaboration en atelier et leur nature de montages réalisés à la prise de vue et/ou en post-production. Corps, cartons d’emballage et fragments d’objets mixés et recomposés construisent, selon l’artiste, de pures « images mentales ».

Aussi différentes soient-elles, ces deux séries prolongent la démarche de l’artiste qui, paradoxalement, recourt à l’image construite pour mieux parler du réel qui le fascine, l’intrigue ou le révolte. Les portraits de la série Act renvoient aux mises en scène qui, introduites en 2003 par la série Nu, reposent sur le principe de la disruption. Par leur état ou leur pose, les corps créent une tension avec leur environnement et bouleversent l’ordre établi. Les montages de Recomposition I et Recomposition II s’inscrivent dans cette même logique perturbatrice.

Mises en scène et montages ne visent pas le spectaculaire. Ils servent une réflexion sur les difficultés et les stigmatisations auxquelles se heurtent certains groupes, tout particulièrement les populations en marges. Denis Darzacq pointe les pesanteurs, les contraintes et les contradictions sociales. Mais il invite aussi, par la rupture de gestes apparemment dépourvus de sens, à affirmer une identité toujours plus complexe que celle qui nous est assignée et à reconquérir une forme de liberté là où elle semble avoir disparu » (argumentaire de la Galerie VU).

Le site de Denis Darzacq…

Exposition Act à la Galerie VU…

 

l’association comme une salade de fruits…


2011
12.07

 

En lisant parfois un article dans une revue spécialisée sur le champs social et médico-social il est possible de tomber sur des phrases qui attirent l’attention par leur pertinence, leur singularité ou aspect plus ou moins comique. En voici une qui vise à rendre compte de l’identité d’une association d’envergure face à la démarche d’évaluation externe menée auprès de l’ensemble de ses établissements et services :

« Notre association est une « salade de fruits » qu’il ne faudrait pas transformer en « compote » en voulant appliquer une grille trop restrictive et normée, insistent en souriant les responsables qualité »

Voilà une belle analogie qui nous invite à réfléchir sur le sens des méthodes que peuvent induire les démarches d »évaluation.

l’évaluation externe en photo…


2011
12.06

Voilà en synthèse à quoi peut bien ressembler le bureau d’un consultant réalisant une évaluation externe. Il peut s’agir ici, soit de la phase préparatoire centrée sur la consultation documentaire, soit de la phase d’analyse des données recueillies sur le terrain lors de la visite. Le tout est le plus souvent générateur de bazar sur un bureau ou tout plan de travail et nécessite une bonne gymnastique mentale pour ne pas s’y perdre. Le soir, certains pourront avoir envie de bien ranger les dossiers avant de quitter leur bureau, mais il est vivement conseiller de laisser ce désordre en situation, du moins partiellement, si l’on veut s’y retrouver le lendemain matin et ainsi poursuivre ses réflexions sans trop perdre son temps. L’évaluation externe devient finalement un excellent remède pour les bureaux trop bien rangés !

Christophe Malabat

Le business des maisons de retraite…


2011
12.02

Mardi 6 décembre 2011, le magazine « Enquête de santé » de France 5 propose une débat et un documentaire sur un thème de société sensible « Le Business des maisons de retraite »

L’argumentaire de France 5 :

« Au royaume de l’or gris, les action­naires des maisons de retraite privées sont rois. La « ruée vers l’or gris » est d’ailleurs le nom donné à cette nouvelle course aux profits dont les seniors sont les poules aux œufs d’or. La réalisatrice Magali Cotard commence son investigation dans les Alpes-Maritimes, département de France où les grands groupes privés se sont le plus implantés. Décor chaleureux et coloré, chambres individuelles spacieuses… Des prestations dignes d’un hôtel trois étoiles, que toutes les familles n’ont pas les moyens de s’offrir. Dans le reste de la France, les établissements publics sont pour l’heure encore majoritaires dans ce secteur, avec généralement des listes d’attente interminables. Ainsi, le privé, au départ réservé à une clientèle aisée, est devenu le seul recours pour de nombreuses familles prises au dépourvu, quitte à ce qu’elles y laissent les économies de toute une vie. Pour ces groupes, qui réalisent des marges confortables, pas d’états d’âme : les personnes âgées sont des clients qu’il faut séduire, un placement sans risque pouvant rapporter gros ».

Rendez-vous devant votre petit écran ou sur Le Business des maisons de retraite sur France 5…

Judith Scott, trisomique, sourde, muette, artiste et géniale…


2011
12.02

Si vous êtes ou passez à Paris d’ici la fin décembre 2011 nous ne pouvons que vous inviter à visiter l’exposition « Objets secrets » de l’artiste américaine Judith Scott (1943 – 2005).

« Cette installation est une invitation à découvrir l’énigme que constitue l’œuvre de l’artiste américaine Judith Scott, une représentante des plus remarquables de l’Art Brut, qui nous confronte à l’essentiel de l’humain.

Trisomique, sourde et muette, Judith Scott réalise des sculptures textiles qui constituent son unique moyen d’expression. Non satisfaite de ses essais artistiques sur papier, elle dérobe des objets (ventilateur, parapluie, magazines, etc.) au centre d’art dans lequel elle se trouve, puis les recouvre entièrement de fils de laine jusqu’à ce qu’ils disparaissent sous des cocons colorés. Découvrant la qualité et la force émanant de son travail, le centre accepte par la suite de lui fournir le matériel qu’elle désire afin qu’elle dissimule ses objets secrets.

Près d’une douzaine d’œuvres de l’artiste sont exposées pour la première fois à Paris et résonnent profondément avec les objets de la sculpture contemporaine, comme ceux de Louise Bourgeois ou de Tony Cragg par exemple. La liberté technique ainsi que la richesse psychologique et émotionnelle qui conduit la démarche de Judith Scott est exemplaire pour d’autres artistes de la scène actuelle, bien au-delà des questions troublantes du handicap.

Il s’agit de montrer ces sculptures en tant qu’objets magiques, puissants, montrer une pratique de la sculpture désinvolte à l’égard du tissage et des formes traditionnelles, faire honneur, au même titre que les autres artistes invités, à une démarche inédite. Cette forme nouvelle et très libre de sculpture textile traduit la part d’inventivité et de créativité de l’artiste qui, dès l’achèvement d’une œuvre, s’en désintéressait pour en débuter une nouvelle » (source : site du Collège des Bernardins).

Exposition Judith Scott au Collège des Bernardins à Paris…

Le site de Judith Scott…