Archive pour la catégorie ‘Culture et médico-social…’

Exonérer de sa responsabilité civile et pénale le professionnel ?


2015
05.20

Voici donc une actualité récente qui intéresse tout professionnel du secteur sanitaire, social et médico-social.

Il s’agit du COMMUNIQUE du 6 avril 2015 concernant la proposition GIUDICELLI relative au signalement à une autorité, 226-14 du code pénal

Exonérer de sa responsabilité civile et pénale le professionnel ? Le « cadeau » empoisonné du Sénat aux professionnels de santé, du travail social et aux familles !

Antoine Guillet analyse les conséquences de la proposition de loi de Colette GIUDICELLI, adoptée en première lecture par le Sénat le 4 mars 2015. (Voir http://secretpro.fr/blog/antoine-guillet/secret-professionnel-responsabilite-loi-dangereuse)

Il montre les conséquences des nouvelles dispositions souhaitées à tous les professionnels de santé (risque que la moindre perception ou inquiétude se transforme en signalement) et d’un parcours qui élargie à la CRIP la possibilité de saisine (risque de transmission d’éléments diffus, flous, très fragiles voire non-significatifs). Il note aussi les effets dangereux de l’exonération de responsabilité civile et pénale qui, dans la proposition de loi si elle était définitivement adoptée, s’appliquerait à tous les professionnels soumis au secret professionnel, qu’ils soient dans le champ de la santé, du travail social ou médico-social. Ainsi, après l’arrivée du secret professionnel en CHRS pour protéger les professionnels, c’est une nouvelle fois cette logique de protection du professionnel qui guide le législateur. Laurent Puech montre dans un billet complémentaire au texte d’Antoine Guillet les risques que contient ce texte.

Voir pour plus de détail, http://secretpro.fr/blog/laurent-puech/secret-protection-enfance-securite-aerienne

Cette « petite » proposition de loi porte en elle des effets particulièrement néfastes pour les professionnels pour lesquels on crée de fait une immunité civile et pénale, mais aussi pour les familles et pour les enfants. Les auteurs appellent les acteurs du travail social, médico-social et de la santé à analyser ce texte et à défendre une lecture autrement plus pertinente des questions complexes soulevées par les sénateurs, sans qu’ils aient trouvé une réponse pertinente pour les mineurs ou majeurs qu’ils entendent voir mieux protégés.

Contact pour ce dossier : Antoine GUILLET 06 13 76 46 50 Laurent Puech Animateur de www.secretpro.fr Secret professionnel et travail social CONTACT site : lpuech@secretpro.fr / Laurent Puech 06 68 39 57 34

Un site fort recommandable ici : http://secretpro.fr/blog/antoine-guillet/secret-professionnel-responsabilite-loi-dangereuse

 

Filmer le travail : regards sur… le travail féminin…


2012
01.17

A l’heure où les conditions de travail, l’épuisement professionnel, les risques psycho-sociaux sont au coeur des préoccupations de beaucoup, le travail au féminin pointe timidement sa singularité. Heureuse initiative de l’Aract Poitou-Charentes et de l’INA qui dévoilent en février une série de courts métrages à découvrir sans tarder et à méditer sur l’éternelle question de l’inégalité hommes/femmes au travail !

Dans le cadre du festival « Filmer le travail », l’Anact, l’Aract Poitou-Charentes, l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) et les Ecrans du Social, organisent mercredi 8 février, à Poitiers, une journée rencontres : cinéma et conditions de travail sur le thème du travail des femmes.
Des experts des conditions de travail, des partenaires sociaux et économiques apporteront leurs analyses sur les questions d’égalité et de mixité, sur la santé et les conditions du travail des femmes ainsi que sur la prise en charge de ce sujet en entreprise. Une table ronde sur le travail des femmes aujourd’hui débutera par la projection du court métrage « Marine, la flamme d’une soudeuse ».


Pour s’inscrire.

Le site : filmer le travail : regards sur le travail au féminin…

Denis Darzack, le mouvement sans handicap…


2011
12.12

Toujours pour ceux qui sont en villégiature sur Paris une exposition à ne pas rater, celle du photographe Denis Darzacq autour de son singulier projet « Act » : photographier des jeunes et adultes en situation de handicap et les inviter à découvrir des mouvements neufs et singuliers. Une autre manière de voir la différence qui finalement sur les photos semble s’estomper pour laisser la place à une forme de beauté tranquille.

« Act (2009-2011) est le fruit d’un long travail que Denis Darzacq a mené, en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, au contact de jeunes et d’adultes en situation d’handicap. « Après mes précédents travaux, où j’avais photographié des jeunes gens en pleine gloire physique, c’était une façon de conquérir des territoires inconnus, c’est-à-dire de repousser ma peur de l’autre et de sa différence » (extrait d’un entretien avec Virginie Chardin publié dans Act aux éditions Actes Sud). Denis Darzacq les a invités à sortir des lieux médicalisés et à réaliser des gestes souvent inédits pour eux. Si certains sont des acteurs, des sportifs ou des danseurs, tous ont trouvé dans l’action et dans l’appropriation personnelle de l’espace commun le moyen d’affirmer une autre image d’eux-mêmes.

Par comparaison avec ces portraits réalisés dans l’espace public, les hybridations de Recomposition I et Recomposition II (2010-2011) assument, jusqu’à l’abstraction, leur élaboration en atelier et leur nature de montages réalisés à la prise de vue et/ou en post-production. Corps, cartons d’emballage et fragments d’objets mixés et recomposés construisent, selon l’artiste, de pures « images mentales ».

Aussi différentes soient-elles, ces deux séries prolongent la démarche de l’artiste qui, paradoxalement, recourt à l’image construite pour mieux parler du réel qui le fascine, l’intrigue ou le révolte. Les portraits de la série Act renvoient aux mises en scène qui, introduites en 2003 par la série Nu, reposent sur le principe de la disruption. Par leur état ou leur pose, les corps créent une tension avec leur environnement et bouleversent l’ordre établi. Les montages de Recomposition I et Recomposition II s’inscrivent dans cette même logique perturbatrice.

Mises en scène et montages ne visent pas le spectaculaire. Ils servent une réflexion sur les difficultés et les stigmatisations auxquelles se heurtent certains groupes, tout particulièrement les populations en marges. Denis Darzacq pointe les pesanteurs, les contraintes et les contradictions sociales. Mais il invite aussi, par la rupture de gestes apparemment dépourvus de sens, à affirmer une identité toujours plus complexe que celle qui nous est assignée et à reconquérir une forme de liberté là où elle semble avoir disparu » (argumentaire de la Galerie VU).

Le site de Denis Darzacq…

Exposition Act à la Galerie VU…

 

Judith Scott, trisomique, sourde, muette, artiste et géniale…


2011
12.02

Si vous êtes ou passez à Paris d’ici la fin décembre 2011 nous ne pouvons que vous inviter à visiter l’exposition « Objets secrets » de l’artiste américaine Judith Scott (1943 – 2005).

« Cette installation est une invitation à découvrir l’énigme que constitue l’œuvre de l’artiste américaine Judith Scott, une représentante des plus remarquables de l’Art Brut, qui nous confronte à l’essentiel de l’humain.

Trisomique, sourde et muette, Judith Scott réalise des sculptures textiles qui constituent son unique moyen d’expression. Non satisfaite de ses essais artistiques sur papier, elle dérobe des objets (ventilateur, parapluie, magazines, etc.) au centre d’art dans lequel elle se trouve, puis les recouvre entièrement de fils de laine jusqu’à ce qu’ils disparaissent sous des cocons colorés. Découvrant la qualité et la force émanant de son travail, le centre accepte par la suite de lui fournir le matériel qu’elle désire afin qu’elle dissimule ses objets secrets.

Près d’une douzaine d’œuvres de l’artiste sont exposées pour la première fois à Paris et résonnent profondément avec les objets de la sculpture contemporaine, comme ceux de Louise Bourgeois ou de Tony Cragg par exemple. La liberté technique ainsi que la richesse psychologique et émotionnelle qui conduit la démarche de Judith Scott est exemplaire pour d’autres artistes de la scène actuelle, bien au-delà des questions troublantes du handicap.

Il s’agit de montrer ces sculptures en tant qu’objets magiques, puissants, montrer une pratique de la sculpture désinvolte à l’égard du tissage et des formes traditionnelles, faire honneur, au même titre que les autres artistes invités, à une démarche inédite. Cette forme nouvelle et très libre de sculpture textile traduit la part d’inventivité et de créativité de l’artiste qui, dès l’achèvement d’une œuvre, s’en désintéressait pour en débuter une nouvelle » (source : site du Collège des Bernardins).

Exposition Judith Scott au Collège des Bernardins à Paris…

Le site de Judith Scott…