Autisme : une recommandation qui fera date, un débat qui reste à dépassionner…

2012
03.14

L’ANESM et l’HAS ont  publié jeudi une nouvelle recommandation de bonne pratique pour les interventions  éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent avec autisme ou troubles envahissants du développement.

Il y a fort à parier que cette RBPP ne passera pas inaperçue !

On y trouve en effet, rangées au rang des « interventions globales non consensuelles »,  les approches psychanalytiques « et la psychothérapie institutionnelle » ; sur le plan des méthodes, ANESM et HAS s’opposent formellement au « packing », technique d’enveloppement corporel contestée, notamment par les associations de parents.

Quoique l’on puisse penser du bien fondé ou non, sur le fond, de ces recommandations et  de leur validité « scientifique »,  le contexte de ce débat est  doublement révélateur : il nous parle de la place singulière qu’occupe la question de l’autisme dans notre société et de celle, non moins singulière de la psychanalyse dans les représentations sociales dominant ce début de 21ème siècle.

On voit d’un côté le poids montant d’une problématique qui a su s’afficher comme incontournable sur l’agenda politique, par le jeu d’associations d’usagers médiatisant leurs actions en rendant visibles et sensibles  pour l’opinion  les besoins d’un public jusque là mal connu et mal identifié. En appui sur les outils du lobbying associatif classique, elles ont su également trouver d’autres relais avec  des personnalités et des supports médiatiques. La reconnaissance progressive de leurs revendications montre qu’il y a encore de la place pour un tissu associatif porteur et créateur de nouvelles réponses en matière d’offre de services médico-social, alors que précisément l’évolution de notre paysage institutionnel (réforme des appels à projets) dessine une lourde tendance contraire…

De l’autre côté, on observe que la psychanalyse est une fois de plus placée au ban des  accusés… désignée comme hors « sujet » en quelque sorte.

Au-delà de ces logiques de déclin ou d’affirmation des courants de pensées, il est notable que le débat sur l’autisme se déploie sur fond de représentations clivées, dans un contexte passionné où les excommunications réciproques  tiennent parfois lieu d’arguments…

Sur le terrain pourtant, bien des équipes essayent d’articuler avec intelligence ces deux approches qui s’opposent… pariant, avec raison,  sur les vertus d’une approche métissée.

Pour découvrir la recommandation dans son intégralité ainsi que la lettre de cadrage, la synthèse mais aussi une série de questions/réponses sur l’autisme, rendez-vous sur le site de l’Anesm…

Claire Guérin, Responsable du pôle conseil de Réalités & Projets Consultants

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